Lâcher prise...
C'est très à la mode, le lâcher prise !
Tout le monde en parle et c'est bien pratique, parce que chacun y met ce qu'il veut .
Ca va du :
Faut pas t'en faire, ça passera, lâche prise
à l'éloge de la décélération pour arrêter de courir vers on ne sait quoi
à un désir de ne plus faire confiance à son intellect mais de laisser parler ses sensations
à la philosophie de l'ici et maintenant
à la perte de l'ego
et que sais-je encore ?
Parfois, on peut le prendre comme une incitation à ne plus se battre, à ne plus rien faire, à prendre les choses comme elles viennent : piège fatal et solution de facilité !
Parfois, on se décourage parce que c'est une notion tellement fuyante : rien que d'y penser, on n'est déjà plus dedans !
Pour moi, ça a commencé il y a deux ou trois ans. Pas par volonté de ralentir, mais par désir d'arrêter de penser à ce qui pourrait m'arriver, de rêver à des avenirs radieux mais très oniriques, de porter des valises qui pèsent une tonne et de me laisser porter par les événements.
J'avais déjà remarqué dans mon travail que d'être présent à ce qu'on fait et uniquement à cela, est extrêmement efficace et donne de très bons résultats.
J'ai lu les livres de Guy Finley, le pape du lâcher prise et j'ai essayé de comprendre ce qu'il voulait dire. Je n'aime pas trop les recettes des papes du développement personnel, surtout américains, qui vous donnent des exercices à suivre mais si vous n'avez pas intégré le sujet dont on parle, ces recettes ne servent à rien !
J'ai donc laissé mûrir le sujet en moi, puisqu'il se dérobait à ma conscience...
Il a fait son petit chemin et je sens mieux de quoi il s'agit maintenant, même si la route est sans fin pour lâcher toutes ses valises !
Je vis plus dans le présent : j'essaie d'être là, et pas ailleurs, où mon esprit voudrait m'entraîner, et pas plus tard où je ne sais pas ce qui pourra se passer, et pas hier, pour lequel je ne peux plus rien.
Je trouve même que dans la vraie vie, il y a des moments magiques, comme parfois des moments où il faut bien faire face à la douleur, à la colère ou à la peur. Mais comme je fais face, je prends les bonnes décisions et le problème a des chances de se régler.
J'ai compris aussi que dans la vie quotidienne, on trouve tout, toute la vie, pas la peine de rêver que tout est bien plus beau là-bas, dans cet ailleurs de rêve !
Et inutile d'attendre : il faut prendre ce qui est là et petit à petit, je me rends compte que c'est ce qu'il y a de mieux.
"L'homme est une marionnette dont les aleas de l'existence tirent les fils." disait Swâmiji. J'essaie de tirer un petit fil de temps en temps.
Et il y a un côté très positif à tout cela : partie de l'objectif de départ de me libérer de la pression de l'extérieur, je m'aperçois que je deviens beaucoup plus attentive aux autres !
Je continuerai donc, pour le plus grand bien de mon dos, à poser des valises qui ne me servent à rien !!!
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