Pratiquer Zazen

Publié le par fanfan


Il n'est pas si simple de se mettre à pratiquer le zazen, même pour un japonais ! Celui-ci débute et on mesure la difficulté en lisant ce texte. Plus tard, son fils deviendra moine zen... Ne jamais désespérer !



C'est l'année où mon fils est né que je me suis décidé à pratiquer le zazen. C'était en hiver. j'ai pensé par la suite que ce n'était pas le fruit du hasard, il devait y avoir quelque chose.

Cet hiver-là, la neige est tombée en abondance. Le jour de ma première séance de zazen, il neigeait, le jour de la naissance de mon fils aussi, avec encore plus de violence que d'habitude. Tout en fixant intensément la multitude de flocons qui tombaient du ciel, j'avais l'impression que mon fils allait descendre au milieu d'eux. Le visage aux yeux clos qui rompit le silence de la terre avait quelque chose d'un Jizô.

Jizô

Dans son berceau, le nouveau-né n'avait pas encore les yeux ouverts mais il souriait mystérieusement. Quand je regardais de temps en temps ce sourire énigmatique qui éclairait son petit visage, je ne pouvais m'empêcher d'évoquer le regard empreint de douceur de cet inconnu que j'avais vu surgir au fin fond du ciel de neige.



La révérende Gukai me donna comme sujet de méditation le fameux muji, le caractère mu qui est la réponse du moine Jôshû à qui on avait demandé si un chiot avait une nature de bouddha et qui avait répondu non.
_ Dorénavant, vous vous appliquerez à pratiquer le dépassement de la dualité.
Revêtue de son étole, un bâton posé sur les genoux, la révérende avait en me disant cela une expression sévère, méconnaissable. "Dans la rue, mu, dans le train, mu, en voyant le visage d'un enfant, mu. Mu, encore et toujours. Ne vous relâchez-pas !" Et j'ai reçu un coup de bâton sur chaque épaule.

Elle dit encore :
_ N'allez pas vous imaginer que le zen se limite au dépassement de la dulaité du non-être. Le zen n'est pas de dimension si réduite ! Le Kôan Muji est une méthode. Si on s'attache à ce non-être, le zen devient un cadavre. Marcher, prendre le train, jouer avec un enfant, voilà le zen. Il n'y a rien dans le monde qui ne soit zen. Rien qui ne soit kôan. C'est la pensée fondamentale de Dôgen, la vérité est en toute chose.


Texte extrait de : Je veux devenir moine zen ! de Kiyohiro MIURA.
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Publié dans histoire fiction

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