Le livre des changements
Si-Zun - 4 vases précieux.
Revoici le Yi-King et la difficulté que nous avons, nous, Occidentaux, à prendre ce qu'il nous dit au sérieux.
J'ai retrouvé ce petit texte de Cyrille Javary, le spécialiste du Yi-King en France, qui nous explique la différence entre notre perception du hasard et celle des Chinois : c'est très intéressant. Et il reparle aussi du loriot, qui fait ce qu'il veut et donc ce qu'ils doit...
"L’emblème traditionnel du hasard en Occident est une pièce de monnaie lancée en l’air. C’est peut-être une des raisons pour laquelle l’interrogation du Yi King avec trois pièces est plus ou moins inconsciemment dévalorisée dans nos mentalités. Mais le plus grave, aux yeux des Chinois, c’est que l’image que nous utilisons pour nous représenter le hasard est tronquée. Une pièce ne peut pas rester éternellement en l’air, elle doit finir par retomber, sur un côté ou sur un autre. Comme si notre impossibilité à penser le hasard nous avait amenés à privilégier pour sa représentation une situation impossible. Les Chinois ne voient pas les choses comme cela. Ils pensent que le plus important, c’est quand la pièce se pose, car alors, on peut lire la qualité de l’instant et s’y conformer au mieux. Comme emblème du hasard, à un objet inanimé ils ont préféré un bel animal - le loriot rieur qui sait se poser si élégamment.
Messagers du Ciel, les oiseaux sont, de toutes les créatures vivantes, celles qui sont le moins soumises aux contingences terrestres. Leur vol est totalement libre.
Le génie chinois est d’avoir choisi cette image de liberté pour en faire le symbole du couplage parfait avec l’instant. Volant où bon leur semble, les loriots se posent aussi toujours là où ils veulent. Ayant cette liberté, ils se posent donc toujours là où ils doivent. C’est-à-dire à l’endroit où leur couplage avec la situation est le plus adéquat.
C’est pour cette raison qu’ils sont pour les humains des maîtres à imiter. “

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