La petite maison

Publié le par fanfan



Souvenirs de Bretagne, la maison de ma grand-mère ...
D'un côté, le front de mer, comme on l'appelait, la mer de l'autre côté de la route, la foule des vacanciers qui passe devant la maison en été et les bruits de la plage.
De l'autre, le calme du jardin, l'abri du vent et les allées recouvertes de petits galets allongés ramassés en bord de mer.
Un jardin de grand-mère, avec petits massifs de fleurs anciennes, des pois de senteur, des arums et des giroflées, quelques légumes mais je me souviens seulement des radis, les fils à linge au fond du jardin, et les cages à lapin avec deux ou trois lapins qui attendent l'herbe qu'on va cueillir dans les chemins derrière la maison.

Et au milieu du jardin, la petite maison. Une vraie maison en dur, avec une porte, deux petites fenêtres, et une grande pièce au sol de ciment.
En été, quand les "baigneurs" (les touristes de l'époque) envahissaient la maison, mon arrière grand-mère se réfugiait dans la petite maison.
Pour nous qui logions dans la grande, cette petite maison ( c'est ainsi que nous l'appelions) avait à la fois des allures de maison de poupée, de maison de jeux et un côté un peu mystérieux quand elle était habitée.
De temps en temps, mon arrière grand-mère nous invitait pour des parties de nain-jaune endiablées.
Nous nous installions autour de la table, elle sortait son jeu de son armoire et c'était parti pour des heures : je ne me souviens que des cris et des fous-rires, et donc de bons moments.

Avant de repartir, sans doute pour retarder cet instant, elle sortait un grand bocal plein de cerises à l'eau de vie, des petits verre de poupée, et nous avions chacun notre cerise avec un peu d'alcool : on y trempait des sucres, parce que c'était trop fort, et on se régalait en ayant l'impression de partager un peu du monde des adultes.
Puis nous retrouvions le jardin, tout joyeux et rêvant d'une petite maison rien que pour nous, pour pouvoir y installer le bonheur...
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