Le train

Publié le par fanfan


Les premiers voyages dont je me souviens, c'était pour partir en vacances en Bretagne.
On prenait le train, le train à vapeur !

La gare n'est pas un bon souvenir. Je vois encore cette grosse locomotive noire qui fume, c'était comme un gros monstre qui nous accueillait avec un bruit d'enfer. Je n'aimais pas ce bruit, je l'ai encore dans les oreilles !
On s'installait dans un compartiment, avec les petites photos de paysages : le Pont du Gard et les Gorges du Verdon, on était avec des gens qu'on ne connaissait pas, on ne pouvait pas trop bouger. On montait les valises dans le porte-bagages et on devait rester assis tranquillement, sans bouger.
On entendait le sifflet du chef de gare, annonçant le départ.
Puis, avec la sirène du train qui part, c'était la frayeur qui m'envahissait. Pourquoi tant de fureur et de stridence ?

Ensuite, le train s'ébranlait avec force fumée, crachotis et bruits de ferrailles.
Je pouvais me détendre quand enfin on entendait le ronronnement du train à vapeur qui nous berçait ou nous secouait selon les moments.
De temps en temps, je sortais dans le couloir avec mon père pour prendre l'air : on baissait la fenêtre et la plupart du temps, on se prenait un nuage de fumée sur le visage. Et il fallait fermer les yeux, sinon, gare à l'escarbille ! Quand on s'en prenait une dans l'oeil, c'était pire qu'une poussière, ça piquait et ça vous faisait pleurer pendant un bon moment.
Alors, on refermait vite la fenêtre et on venait se remettre à l'abri dans le compartiment bien chaud en escaladant les jambes des autres passagers.
Quand on arrivait, il fallait de nouveau affronter à la gare les locomotives crachantes et hululantes, les fumées pleines d'escarbille et les hauts-parleurs.
Mais on était arrivés au bord de la mer et on n'avait plus qu'à sortir de la gare pour oublier l'enfer des trains !
Jusqu'au retour...



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