Les mûres

Publié le par fanfan





C'est la saison des mûres.

Quand j'étais petite, et qu'on était en Bretagne fin août, on allait avec mon grand-père ramasser les mûres.

Ce n'était pas pour rire : c'était du sérieux et il fallait en rapporter des kilos pour faire la gelée qui devait être étalée sur les tartines tout au long de l'année.

On se sentait donc investis d'une mission et il ne fallait pas décevoir mon grand-père qui nous emmenait ni ma grand-mère qui nous attendait à la maison.


Donc, on partait très tôt en début d'après-midi, direction la vallée du moto-cross et ses buttes pleines de ronces.

Chacun avait son seau, plus ou moins grand selon notre âge, et tout le monde était très excité.

Il faut reconnaître que notre grand-père savait nous motiver parce que ce n'était pas de tout repos !


Il fallait se glisser au milieu des ronces et quand on est enfant, on est à hauteur de toutes les épines, on n'avait pas encore de pantalons et les jupes laissaient nos jambes à la merci de toutes les griffures.

Il fallait grimper sur les buttes parce que en bas, c'était le plus facile et c'était déjà tout cueilli !

Quand on avait repéré un coin acessible, on se gardait bien de le crier, ça faisait toujours un moment où on ne s'égratignerait pas trop les bras !

Les petits, eux, ils ne savaient pas encore tout ça : ils mangeaient la moitié de ce qu'ils trouvaient, ils criaient tout le temps que ça piquait et quand par bonheur, ils trouvaient un bon filon, ils criaient de joie et tout le monde se précipitait sur eux.


Mais à partir d'un certain âge, c'était vraiment sérieux : bien sûr, notre grand-père ne faisait pas de différence entre celui qui avait le seau à moitié plein et celui qui l'avait rempli, sauf si on avait la bouche toute barbouillée, mais entre nous, on faisait le concours pour celui ou celle qui en aurait le plus !

A ce train-là, l'après-midi passait vite et on rentrait ensuite, fatigués mais joyeux, retrouver notre grand-mère qui nous attendait avec impatience.


Et en arrivant, c'était lavage de mains et goûter : une grosse tartine de pain et de beurre avec du chocolat en poudre. La gelée de mûre, il n'y en n'avait plus de l'année d'avant et heureusement, on n'en n'aurait pas voulu !

 





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J
Bonjour Fanchette, J'ai été très émue à l'évocation de nos cueillettes de mûres. Qui d'autres que nous appellait notre vallée la vallée du moto-cross?
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F
Eh oui, que de bons souvenirs, et je ne connais même pas le vrai nom de cette vallée !Je voulais également parler de la plage où nous allions mais je ne suis plus très sûre de son nom : Hillion ?Je me souviens qu'il y avait de petites maisons en bois qui depuis ont pris de la valeur, je crois !