Binos la fourmi blanche

Publié le par fanfan




Binos est tout blanc, alors forcément, quand il arrive dans le trou noir de Macassar, elle le voit.

Il faut qu'il fasse attention de ne pas se prendre dans les fils de la toile de Macassar, parce qu'ils bouchent une bonne partie de l'entrée de son antre.

Ce matin, Binos est encore triste, les soldats lui ont encore une fois dit de ne pas rester près de la fourmilière : une fourmi blanche, ça se voit et cela peut attirer les ennemis !


Alors, quand elle se fait rejeter, elle vient voir son amie l'araignée noire. Là au moins, il n'y a personne pour lui dire de dégager ...

Macassar est toute excitée, elle vient de voir passer une colonne de chenilles et elle sait ce que ça veut dire : le printemps est là, les chenilles vont grimper dans les pins et les mouches et moustiques vont revenir se prendre à sa toile.


Binos aussi a remarqué l'effervescence autour de la fourmilière : tout le monde s'active parce que de nouvelles ouvrières naissent tous les jours et cela fait un monde fou à nourrir, sans compter les larves qu'il faut engraisser et la reine qui n'arrête pas de pondre !

Binos n'est pas très occupé parce que comme il se fait toujours chasser de partout, il finit par se cacher et par rentrer le soir quand tout est calme autour de la fourmilière et qu'il ne se fera pas trop remarquer. Et puis, comme chacun sait : la nuit, tous les chats sont gris !

Aujourd'hui, il s'inquiète. Il paraît qu'il y a un problème avec la reine parce que Binos n'est pas la seule fourmi blanche et cela pose un gros problème à tout le monde car c'est plus difficile de ne pas se faire remarquer quand on est blanc dans la forêt.

Si ça dure a dit Shogun, le général de l'armée des fourmis, on va être obligés de faire partir toutes les fourmis blanches pour que la fourmilière survive.

Binos n'a pas bien compris ce qui allait se passer mais il lui a semblé que la surveillante des ouvrières a dit qu'elles n'auraient qu'à aller près de la mer, là où le sol est blanc pour ne plus se faire remarquer.

Binos est venu demander à Macassar si elle sait ce que c'est la mer, mais Macassar n'a pas assez voyagé, elle ne connait que la forêt, elle ne comprend pas pourquoi les fourmis blanches ne vont pas près de la rivière, il y a tout un grand espace presque blanc au bord de l'eau.


Et en plus, ce n'est pas bien loin !

Binos réfléchit un moment, puis se dit que ce serait bien un endroit pour lui, cet espace tout blanc !

Macassar lui explique où il se trouve et Binos lui dit de ne pas l'attendre le lendemain, car il ira chercher la rivière.

Et le lendemain, il a un peu galéré mais quand il a fini par arriver dans un grand endroit tout blanc, il s'est dit qu'il était sauvé !

Mais bien vite, il s'est aperçu qu'il n'était pas tout seul : il a rencontré d'autres fourmis. D'autres fourmis blanches !

Il s'est dit : je dois être comme ça, moi aussi : en effet, il ne s'était jamais vu, il savait juste qu'il était de la même couleur que les fleurs qu'on lui avait montrées !

Il a arrêté une ouvrière blanche pour lui demander où était sa fourmilière, elle lui a indiqué et il s'est dirigé vers elle.


Et miracle, personne ne le remarquait, il était comme les autres !

Il pouvait enfin faire comme tout le monde sans être chassé de partout !

Il se dit que c'était ici, sa nouvelle maison, qu'il se sentait enfin chez lui avec ses compagnes blanches et qu'il allait travailler avec elles pour faire vivre sa nouvelle famille !

Binos prit le temps d'aller remercier Macassar de lui avoir indiqué l'endroit où se trouvait sa vraie famille et il s'en alla commencer sa nouvelle vie de fourmi travailleuse.




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Publié dans histoire fiction

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