Le petit fantôme

Publié le par fanfan



 


Kalima a un fantôme qui vient la voir la nuit. C'est un fantôme blanc et un peu transparent mais qui sait très bien parler.

Il sait très bien aussi embêter Kalima et la pousser à bout.

Il arrive généralement vers minuit, cela réveille Kalima et elle a beau lui dire : laisse-moi dormir !

Rien à faire, il faut absolument qu'il l'embête !

Il commence par lui poser des questions : qu'as-tu fait aujourd'hui, pourquoi n'as-tu pas été gentille avec le petit garçon qui a joué au ballon avec toi, pourquoi n'es-tu pas allée voir ta grand-mère...

Rien que des questions pour faire culpabiliser Kalima et lui faire croire qu'elle est une mauvaise petite fille.

Elle lui a demandé pourquoi il l'embêtait tout le temps mais tout ce qu'il lui a dit, c'est que c'est pour son bien, pour qu'elle devienne la meilleure petite fille qui soit.

_ Oui, mais les autres enfants n'ont pas de fantôme qui vient les embêter la nuit et ils sont bien plus heureux que moi !

_ Veux-tu savoir mon histoire, cela t'aidera à comprendre ce que je fais là ?

_ Tu as une histoire ? Ca alors, je croyais que tu sortais juste de sous mon lit ?

_ Oui, j'ai une histoire : j'étais une petite fille comme toi, une cousine d'il y a longtemps. Je vivais dans cette maison avec mes parents et puis un jour, j'ai été renversée par une voiture à cheval et je suis morte trois jours plus tard.

Mais avant de mourir, j'ai eu le temps de réfléchir à ce que j'avais fait dans ma vie, à tout ce que je n'avais pas bien fait et j'ai eu très honte. Je me suis dit que j'allais partir et que je n'avais pas été gentille avec mes parents, avec mes soeurs, avec mes amis et que je ne pourrai pas rattraper tout cela.

Et quand j'ai été morte, j'ai voulu aider les autres petites filles de la maison à faire mieux que moi. En général, elles n'aiment pas ça, parce qu'elle ne comprennent pas pourquoi je les embête et pourquoi elles devraient être très sages. Mais moi je sais et je veux les aider.


_ Mais, répond Kalima, ce n'est pas comme ça que tu peux nous aider, tu fais comme nos parents en pire, crois-tu que cela va suffire à nous faire changer ?

_ Je sais, je n'ai pas beaucoup de réussite dans mon entreprise, mais je n'ai pas trouvé d'autre moyen ...

Le pauvre fantôme a l'air tout triste et il fait un peu pitié à Kalima.

_ Ecoute, dit-elle, veux-tu que je te dise comment j'aimerais que tu sois ?

_ Dis toujours, répond le fantôme.

_ Voilà, j'aimerais que tu ne sois pas comme mes parents, toujours à t'inquiéter de ce que je fais ou de ce que je ne fais pas, à me dire que je ne fais pas bien les choses et que je ne suis bonne à rien, à me dire ce que je devrais faire. Non, j'aimerais que tu sois pour moi comme une amie attentive, que tu me regardes avec confiance, que tu te dises: peut-être qu'elle fait des bêtises mais dans le fond, ça va l'aider à grandir, que tu me regardes comme si tu m'aimais et pas comme si je n'étais qu'un enfant à éduquer. Et alors, je pourrai te raconter mes soucis et mes joies, et tu pourras m'aider comme une véritable amie. Qu'en penses-tu ?

Le fantôme est un peu secoué et ne dit rien, puis il regarde Kalima et lui dit : "à demain !"

Kalima se demande si elle a bien fait, si le fantôme va être fâché et si elle va le perdre : malgré tous ses défauts, elle l'aime bien !

Elle attend avec impatience la nuit suivante et elle n'arrive pas à s'endormir en attendant le fantôme.

A minuit, il est là : tout changé, tout brillant et tout souriant.

_ J'ai compris, dit-il, maintenant, je serai ton amie et ensemble, on va être bien !

Ouf ! Kalima est soulagée et heureuse et elle peut se rendormir !

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Publié dans histoire fiction

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