Sommes-nous malades à cause d'une idée ?

Publié le par fanfan

Hier soir, conférence du Dr Philippe Dransart : c'est un moment très attendu, par moi et par beaucoup de Grenoblois, car nous sommes de plus en plus nombreux  à assister à ses conférences.

J'en suis sortie rassurée, parce qu'il m'a permis de relier beaucoup de choses entre elles, des choses que je  découvre par des aspects différents et qui finalement, mènent toutes à des conclusions similaires : cette cohérence est effectivement très rassurante.


Qui est le Dr Dransart, pour ceux qui ne connaissent pas ?
C'est un homéopathe, qui ne cesse de chercher comment aider ses malades, et qui a souvent observé que la maladie, loin d'être un pur phénomène physique, cherchait également à nous dire quelque chose sur nous, à nous faire passer des messages qui nous concernent directement. Si vous ne l'avez fait, je vous conseille de lire : La maladie cherche à me guérir, qui est son premier livre et qui ouvre bien des horizons sur notre santé.


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Hier soir, il nous a posé trois questions :
  • La maladie est-elle psychosomatique ?
  • Est-on malade à cause d'une idée ?
  • Ce qui nous rend malade, est-ce la réalité ou la perception que nous avons de la réalité ?


La maladie est-elle psychosomatique ?
Oui et non !
La maladie prend plusieurs aspects : c'est comme de regarder un long cylindre de papier. Si nous le voyons par le petit bout, on voit un cercle, si nous le voyons de côté, on voit un bâton. Pour la maladie, c'est pareil : tout dépend du point de vue où l'on se place. On peut voir la maladie comme une manifestation physique qu'il faut soigner, on peut aussi la voir comme une manifestation psychosomatique, qui nous parle de nous.
La maladie est langage et Philippe Dransart s'intéresse beaucoup aux phrases que ses patients peuvent lui dire : elles évoquent souvent très bien ce qu'ils ont ressenti et pourquoi la maladie s'est manifestée à cet endroit.

Pour trouver l'origine de la maladie, deux pistes : l'organe concerné est impliqué dans sa fonction et l'organe malade dit la nature de la difficulté.

Par exemple : un kyste est une poche d'eau qui dit un vieux chagrin neutralisé, mais qui est toujours là, une inflammation (toutes les maladies en ...ite) indique une colère et dans les allergies, ce qui est familier est perçu comme hostile.

Il prend aussi l'exemple du cancer :
Vu de loin, il semble être de la révolte, de l'anarchie, du refus.
Quand on s'approche des cellules, on voit l'altération de l'ADN (le plan d'architecte de la cellule). L'ADN donne le sens et là, avec les cellules malignes, on a perte de sens.
Lorsqu'on met les cellules cancéreuses en culture, elles se comportent de façon totalement différente des cellules saines : celles-ci en se multipliant entrent en contact et s'arrêtent de proliférer, il y a comme un respect de l'autre, un respect de la juste place. Les cellules cancéreuses continuent de proliférer, sans s'arrêter.
Ensuite, les cellules saines créent des ponts entre elles alors que les cellules malignes n'ont pas de cohésion et voyagent n'importe où.
Et enfin, les cellules saines ont un programme qui prévoit leur auto-destruction, la cellule maligne, elle, est immortelle.
Ce qui fait dire que le cancer n'est pas un désir de mort, mais un désir proliférant de vivre, un désir de vivre qui a perdu son sens, sa raison d'être.
Ces personnes ont souvent inhibé leur désir de vivre à un moment, et ce désir de vivre se révolte et implose à l'intérieur.


Ce qui s'exprime dans la maladie, c'est une émotion : comment repérer cette émotion et la surmonter ?
Elle réagit beaucoup plus vite que le mental et c'est peine perdue que de vouloir la maîtriser.
Mais d'où vient-elle ?
Le Dr Dransart donne l'exemple d'un ami en voyage en Asie qui a faim, et voyant un petit étal avec une marmite s'en approche pour acheter à manger. En s'approchant, il s'aperçoit que ce sont des cafards qui mijotent dans la marmite et il ressent une émotion immédiate, il a l'estomac noué et ne peut plus manger de la journée.
Il a réagi parce que dans un coin de son cerveau, il y a l'idée que les cafards sont répugnants.
Le stress est une situation qui interpelle l'idée, une idée qui existait avant et que la situation vient réveiller.
Le stress, c'est mettre le doigt sur une idée cachée et qui nous dit : est-ce que c'est vrai ?


Sommes-nous malades à cause d'une idée ?
Il nous cite l'exemple de Daniel, cadre de 47 ans, qui lors d'une réunion avec son patron et des collègues, se fait humilier par son patron en public, son travail est démonté et le patron lui montre un évident mépris. Tout ceci devant sa collègue qui ne peut pas le voir.
Le soir, il ne peut pas manger et la nuit, il fait une colique hépatique avec calcul  : le calcul devait être là et s'est réveillé.
Quel était le ressenti de Daniel après cette réunion : c'était l'humiliation, il disait : j'aurais dû dire ceci, j'aurais dû réagir...
Le Dr lui dit : mais pourquoi ne l'avez vous pas fait ?
Essayez d'imaginer à votre place un homme sûr de lui, qui reprend point par point les accusations du patron pour se faire respecter : il sort la tête haute de la réunion !
Pour Daniel, ça ne s'est pas passé comme ça parce que son être s'est insurgé mais une partie de lui s'est dit : et si c'était vrai ? Il y a eu alors lutte intérieure (sur le plan moral comme sur le plan physique).
La question : et si c'était vrai ? rouvre une vieille cicatrice. On se construit tout un système de défense et puis un jour il s'effondre et on revit toute la douleur, et on somatise.

On peut tomber malade :
1. Quand la situation que nous vivons nous met dans une contradiction :deux désirs s'opposent en nous et le désir refoulé s'exprime
2. Nous sommes pris dans des émotions contradictoires : un mélange de colère et d'amour par exemple
3. L'image que nous avons de nous se retrouve impliquée dans la situation : c'est l'idée de nous à laquelle nous sommes attachés ou contre laquelle nous luttons.

Il nous cite ensuite l'exemple de Ginette qui développe un cancer au sein droit un an après une altercation avec sa belle-fille. Ginette a adopté son fils et pour lui, s'est sentie mère dans son coeur et reporte maintenant son amour sur ses petits enfants au point de devenir envahissante pour sa belle-fille, et de critiquer l'éducation qu'elle donne.
La belle-fille à bout lui a dit : Quand on n'est pas capable d'être une femme, on se tait.
Cette parole, pour Ginette pose la question : et si c'était vrai ? et la conduit vers une lutte intérieure, physique et morale.
Ginette avait une perception erronée de sa place et de son territoire et a développé un cancer du sein droit, souvent impliqué dans ces situations.


Ce qui nous rend malade, est-ce la réalité ou la perception qu'on a de la réalité ?
Nous voici avec Chantal, qui souffre d'hypertension. Elle se fait du souci pour son fils, qui ne s'entend pas du tout avec son père. Chantal voudrait de la paix, de l'amour.
Est-ce que vous avez peur des conflits, lui demande le Dr Dransart , peur de perdre votre mari ou votre fils ?
Et pour Chantal, la perte est insupportable.
Elle se rappelle que petite, sa mère l'a couvée, elle n'a pas pu se manifester, devenir elle-même, cela allait jusqu'au risque de se perdre...
Si elle a peur du conflit, il va se représenter : il lui faut oser se mettre en colère.

Et c'est ici que l'on retrouve l'enfant intérieur.
Petit, l'enfant s'imagine être au centre de ce qu'il vit (il n'a pas encore fait sa révolution "copernicienne", pour se retrouver au milieu d'autres planètes tournant autour du soleil), il perçoit les choses comme s'il en était le centre.
Il va donc élaborer des conclusions fausses et des idées fausses qui ne lui correspondent pas, mais qui vont rester gravées en lui. C'est ainsi que peut se manifester un désaccord avec lui-même qui peut se manifester par la maladie lorsqu'il devient adulte.
La réalité est souvent plus neutre que nous ne l'imaginons (la manière dont on s'implique est importante).

Vient ensuite l'exemple d 'Isabelle qui a développé un cancer du pancréas un an après le décès de sa mère : pourquoi ce deuil l'a t-il rendu malade ?
Elle a perdu son père après sa naissance et s'est retrouvée seule avec sa mère dépressive. Elle dit que son père lui a manqué, sa vie est marquée par le manque. Sa mère lui disait : tu es ma raison de vivre.
Son cancer était presque résorbé : il lui restait une métastase qui ne bougeait pas.
Le Dr lui a demandé d'écrire d'un côté pourquoi elle ne voulait plus vivre et de l'autre pourquoi elle voulait vivre : elle ne sait pas pourquoi elle veut vivre. Elle a l'impression en regardant la photo de sa mère d'être attirée vers elle.
La métatastase lui permet de garder un lien avec la souffrance de sa mère, c'est l'image du cordon ombilical qui ne peut être coupé.
Elle souffre d'un problème d'identité, comme les personnes qui sont trop attachées à une autre personne  et ne peuvent se développer pour elles-mêmes.

Notre enfant intérieur souffre des blessures qu'il a reçues, il y a interférence entre la mère et la perception du bébé.
Il nous faut aller à la rencontre de cet enfant intérieur, l'aider à faire la paix.
Nous sommes blessés dans la perception que nous avons de notre raison d'être, nous avons du mal à mettre le doigt sur l'idée à l'origine de la blessure.
Et si on arrive à chasser cette idée, on a une page vide, d'où la peur, mais elle est aussi une page blanche sur laquelle on peut écrire notre vie propre.

Il faut se battre pour la vie et la vérité et pas contre nous-mêmes.
La guérison, c'est comme une grâce et on peut aller à sa rencontre.

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J'espère que tout ceci vous aura autant passionnée que moi, même si je n'ai fait que retranscrire ce que j'ai compris, même si je n'ai pu reprendre tous les exemples de Philippe Dransart et même s'il y manque sa présence pleine d'humanité, d'écoute de l'autre et d'humilité. Et enfin, pour compléter, dans un prochain article, j'essaierai de vous montrer comment et pourquoi ma vision s'est unifiée avec cette conférence, en reliant les pistes tracées depuis différents endroits de ma curiosité !

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Publié dans histoire psy

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