Le film de Sandrine Bonnaire
On parle en ce moment du film de Sandrine Bonnaire : Elle s'appelle Sabine, car il sort au cinéma.
Ce film a déjà été diffusé sur France 3 il y a quelques mois, c'est pourquoi je peux déjà en parler.
Sandrine a une petite soeur, à peine plus jeune qu'elle, Sabine, autiste.
Elle la filme depuis longtemps, ce qui nous permet de la voir jeune et de voir combien elle avait réussi à avancer, à apprendre : elle était quasiment autonome, jouait du piano, faisait toutes sortes de choses, elle avait l'air heureuse quand elle nageait, quand elle partait aux Etats-Unis avec sa grande soeur, quand elle parlait avec elle.
Et puis surtout, elle avait l'air vivante, souriante avec un regard qui s'intéressait à ce qui se passait.
Puis le deuil d'un frère à faire, un déménagement, elle perd ses repères et devient violente, parce qu'elle ne sait plus comment gérer son univers.
Sa famille doit alors la mettre, faute d'autres solutions, en hôpital psychiatrique; elle y restera cinq ans et elle en ressortira complètement abîmée, comme le dit Sandrine.
Le contraste est effrayant dans le film entre la Sabine d'avant et celle d'après, ce n'est plus la même personne.
Avachie, le regard perdu, incapable de se débrouiller, de comprendre ce qui se passe et se raccrochant désespérément à sa soeur.
Et tout est filmé avec une telle tendresse qu'on est bouleversé par tout ce chemin en arrière. Tout est à réapprendre pour elle. Elle a trouvé une nouvelle structure pour l'accueillir, mais que de temps perdu ! Pas de colère ni de révolte dans le film : juste le constat, grâce aux images des instants passés ensemble et c'est bien plus fort.
C'est vraiment effrayant de sentir cette impuissance devant ce qu'est devenue sa soeur et en même temps, toute la tendresse qui est restée la-même, qui passe à travers les images, pourtant sobres.
C'est une leçon terrible et magnifique, de cinéma, de vie, d'amour : il est bien difficile de faire passer toute l'émotion qui s'en dégage, il faut le voir...
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