Secrets des oiseaux
Voici un texte du maître soufi Al-Muqadassi, une allégorie sur les secrets des oiseaux.
Ce texte ancien et plein de poésie est très parlant pour qui cherche sa voie.
J'en recopie ici un extrait , à lire au niveau que l'on souhaite : on peut en tirer beaucoup d'enseignements !
Mais il faut y entrer lentement, le relire, le méditer et on n'a jamais fini d'en explorer la richesse !
Le canard
Le canard qui pataugeait joyeusement dans l'eau s'adressa au coq ainsi :
Ôh toi dont les pensées sont viles et basses, tu ne peux, comme les autres oiseaux, t'élever dans les airs et tu ne peux même pas te protéger en évitant le malheur; tel un homme mort, tu es incapable de voyager sur terre et ta malédiction est causée entièrement par le fait que tu vis toujours dans un même lieu ! La bassesse de tes inclinations te fait rechercher les ordures; et, satisfait de recueillir la rosée, tu négliges la pluie abondante.
Ignores-tu donc que celui qui ne voyage pas ne saurait faire de progrès dans son métier ? et que celui qui ne s'éloigne jamais des côtes ne trouvera jamais de perles ?
Si ton mérite spirituel était réel et si ta foi était plus forte, tu volerais dans le ciel et tu glisserais sur l'eau. Vois comment, comme maître de mes désirs et adepte aussi bien de l'air que de l'eau, je peux marcher sur terre et voler librement dans les régions éthérées. Au-dessus de tout, c'est la mer qui est le siège de mon pouvoir et la mine de mon trésor : je m'élance sur ses eaux limpides et transparentes. Je découvre les perles précieuses qu'elle contient et je pénètre les mystères et les merveilles de Dieu. Celui-là seul connaît ces choses qui s'y consacre avec une volonté spirituelle; mais l'indifférent qui demeure sur le rivage ne connaîtra que l'écume amère. Celui qui plonge dans cet océan sans méditer sur ses profondeurs incalculables sera submergé dans ses gouffres par le choc impétueux des flots !
Mais l'homme destiné au bonheur est admis à bord de la charité de sa divine amie, il déploie les voiles de sa supplication, les oriente de manière à recevoir le souffle du zéphyr protecteur et, après avoir traversé la profondeur ombrée qui cache les mystères, il fixe, au moyen des pouvoirs de son Attraction, le câble de l'espérance à l'endroit précis où les deux mers, la mer des attributs et la mer de l'essence, se rencontrent. Ainsi il parvient jusqu'à la source vraie de l'existence et là, il boit une eau plus pure que le plus pur des miels.
Ô toi qui veux atteindre la plus haute spiritualité, tu accompliras difficilement la perfection que tu souhaites. Si tu avances sur la voie, tu devras bientôt te résigner à proférer l'annihilation, un anéantissement qui n'est doux que pour ceux à qui Dieu a donné une idée de ce qu'il réserve à ses favoris. L'approche de cette aimée céleste est gardée par des piques et les citadelles élevées sont entourées d'un mur redoutable de lances noires.
Avant que puisse être goûtée la douceur du miel, il faut endurer une piqûre aussi cuisante que la blessure des flèches. Ils sont nombreux, ceux de noble lignage, qui errent autour de cet asile sacré ! Ils supportent avec patience les épreuves amères qu'ils doivent à leur passion sublime. Ils jeûnent et passent des nuits obscures en humbles prières. La violence du désir anéantit leur esprit, leur corps est consumé par une ardeur qui brûle. Mais hélas ! l'amour divin ne voit encore dans leur coeur qu'un vide terrible. La maison du bien qui a pleinement dépassé leurs passions, demeure inaccessible si tu ne peux dominer les tiennes.
Ce texte ancien et plein de poésie est très parlant pour qui cherche sa voie.
J'en recopie ici un extrait , à lire au niveau que l'on souhaite : on peut en tirer beaucoup d'enseignements !
Mais il faut y entrer lentement, le relire, le méditer et on n'a jamais fini d'en explorer la richesse !
Le canard
Le canard qui pataugeait joyeusement dans l'eau s'adressa au coq ainsi :
Ôh toi dont les pensées sont viles et basses, tu ne peux, comme les autres oiseaux, t'élever dans les airs et tu ne peux même pas te protéger en évitant le malheur; tel un homme mort, tu es incapable de voyager sur terre et ta malédiction est causée entièrement par le fait que tu vis toujours dans un même lieu ! La bassesse de tes inclinations te fait rechercher les ordures; et, satisfait de recueillir la rosée, tu négliges la pluie abondante.
Ignores-tu donc que celui qui ne voyage pas ne saurait faire de progrès dans son métier ? et que celui qui ne s'éloigne jamais des côtes ne trouvera jamais de perles ?
Si ton mérite spirituel était réel et si ta foi était plus forte, tu volerais dans le ciel et tu glisserais sur l'eau. Vois comment, comme maître de mes désirs et adepte aussi bien de l'air que de l'eau, je peux marcher sur terre et voler librement dans les régions éthérées. Au-dessus de tout, c'est la mer qui est le siège de mon pouvoir et la mine de mon trésor : je m'élance sur ses eaux limpides et transparentes. Je découvre les perles précieuses qu'elle contient et je pénètre les mystères et les merveilles de Dieu. Celui-là seul connaît ces choses qui s'y consacre avec une volonté spirituelle; mais l'indifférent qui demeure sur le rivage ne connaîtra que l'écume amère. Celui qui plonge dans cet océan sans méditer sur ses profondeurs incalculables sera submergé dans ses gouffres par le choc impétueux des flots !
Mais l'homme destiné au bonheur est admis à bord de la charité de sa divine amie, il déploie les voiles de sa supplication, les oriente de manière à recevoir le souffle du zéphyr protecteur et, après avoir traversé la profondeur ombrée qui cache les mystères, il fixe, au moyen des pouvoirs de son Attraction, le câble de l'espérance à l'endroit précis où les deux mers, la mer des attributs et la mer de l'essence, se rencontrent. Ainsi il parvient jusqu'à la source vraie de l'existence et là, il boit une eau plus pure que le plus pur des miels.
Ô toi qui veux atteindre la plus haute spiritualité, tu accompliras difficilement la perfection que tu souhaites. Si tu avances sur la voie, tu devras bientôt te résigner à proférer l'annihilation, un anéantissement qui n'est doux que pour ceux à qui Dieu a donné une idée de ce qu'il réserve à ses favoris. L'approche de cette aimée céleste est gardée par des piques et les citadelles élevées sont entourées d'un mur redoutable de lances noires.
Avant que puisse être goûtée la douceur du miel, il faut endurer une piqûre aussi cuisante que la blessure des flèches. Ils sont nombreux, ceux de noble lignage, qui errent autour de cet asile sacré ! Ils supportent avec patience les épreuves amères qu'ils doivent à leur passion sublime. Ils jeûnent et passent des nuits obscures en humbles prières. La violence du désir anéantit leur esprit, leur corps est consumé par une ardeur qui brûle. Mais hélas ! l'amour divin ne voit encore dans leur coeur qu'un vide terrible. La maison du bien qui a pleinement dépassé leurs passions, demeure inaccessible si tu ne peux dominer les tiennes.
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