Société asiatique

Publié le par fanfan


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Comme j'ai un peu honte de ma question d'hier sur les panneaux de toilettes en  Corée (c'était la fatigue...), je voudrais  paraître un peu plus crédible aujourd'hui.

Aussi, je continue avec mes questions. Je vais de temps en temps lire ce qui se dit sur la Corée sur Internet et ce qui revient souvent, c'est la gentillesse des Coréens, leur désir de vous aider. On y parle aussi beaucoup d'une grande sécurité : on peut sortir la nuit sans crainte. Tout cela me plait bien.
Mais j'ai vu aussi que c'est une société encore très imprégnée de confucianisme, qu'entend-on par là ? Cela me paraît en général plutôt présenté négativement, alors que moi, je trouve l'enseignement de Confucius vraiment très utile et riche d'humanité.


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J'ai déjà fait des articles sur lui, mais je profite de l'occasion pour en reparler un peu...
Pour revenir à ce qu'il a enseigné, qui n'est peut-être pas ce qu'on entend en Occident, quand on parle de confucianisme.


Les principes de la doctrine de Confucius :

On ne naît pas humain, on le devient (ren) :

l'homme n'est ni bon, ni mauvais : il est perfectible.
Mais tous ne sont pas capables de se perfectionner de la même façon : ce qui les distingue, c'est le "ren".
On pourrait dire que c'est de l'humanité.
C'est l'aptitude de l'être humain qui vainc son égocentrisme et met au premier plan la justice et le bonheur de tous, dans un constant effort de maîtrise de ses instincts et de dépassement de soi.
"L'honnête homme recherche l'harmonie mais pas la conformité. L'homme vulgaire fait le contraire."

La seule vraie noblesse, c'est celle du coeur et de l'esprit (junzi) :

"Voyez l'homme de bien, come il est libre et serein ! Et l'homme de peu, comme il est sombre et anxieux !"
Au départ, nous sommes tous des êtres humains ordinaires. Mais si nous prenons conscience que nous possédons l'étincelle du ren et nous efforçons de la développer, nous deviendrons des junzi, c'est à dire des personnes de qualité.
"Le junzi, c'est vous et moi... C'est celui qui fait toujours tout ce qu'il faut au moment où il faut."(Cyrille Javary)

L'étude, le travail sur soi, essence d'une vie humaine.

L'idée ne consiste pas à accumuler des connaissances livresques mais tout simplement à apprendre à devenir vraiment humain. La vie de tous les jours est la matière première de l'étude confucéenne. Dans une situation donnée, le maître suscite la réflexion de ses disciples avec cette interrogation : que fait l'homme de bien et que fait l'homme vulgaire dans cette situation ? Y a-t-il ren ou pas n'y a-t-il pas ren ?


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Les rites : de l'importance de savoir "se tenir."

Les rites représentent le cadre à l'intérieur duquel l'homme se conduit en être humain et non pas comme une bête, les règles qui lui permettent de s'y retrouver dans les rapports avec les autres.
"Dans toute cérémonie, mieux vaut l'austérité que l'apparat. Dans celles de deuil, mieux vaut la sincérité dans la douleur que le scrupule dans l'étiquette."

"Les plus hauts postes occupés par des hommes bornés, les rites exécutés sans recueillement, les morts honorés sans réelle affliction : comment soutenir un tel spectacle !"


La piété filiale : le respect des autres commence à la maison

"La piété filiale et le respect des aînés sont les racines mêmes de l'huamnité."
La piété filiale s'organise autour de cinq relations de base, clairement définies et strictement hiérarchisées, qui serviront de modèle à toutes les autres.
La première est la relation père/fils, de laquelle dérivent les quatre autres : prince/sujet (ou patron/employé), époux/épouse, aîné/cadet(personnes d'âge différent), ami(e)/ami(e) (personnes du même âge et du même niveau social).
Ce système permet de régler automatiquement son comportement en fonction de l'âge et de la position sociale des personnes, en le calquant sur celui que l'on a avec sa propre famille.

Impossible de s'entendre quand les mots ont perdu leur sens

Confucius a toujours préféré l'harmonie du geste aux beaux discours, la musique au son des paroles. Le maître pesait ses mots et écoutait attentivement ce que disaient les autres.
Cette écoute l'a porté à une réflexion : plus les temps sont troublés et l'ordre menacé, plus les mots tendent à s'éloigner de leur sens originel.
"Si les noms sont incorrects, on ne peut tenir un discours cohérent. Voilà pourquoi l'homme de bien est si prudent dans ce qu'il dit."
Confucius s'est donné pour mission de "rectifier les noms", en faisant correspondre le discours à la pensée, et donc à l'action.



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Tous ces principes me paraissent très respectables et je ne vois pas en quoi une société très imprégnée de confucianisme est critiquable.
Il est vrai que l'adaptation à l'influence occidentale doit être un peu difficile et que le mélange des deux peut être intéressant...
Et si on parle souvent de confucianisme pour la société chinoise sans savoir toujours de quoi il retourne, on connaît encore moins la société coréenne !
Heureusement que Nico est là-bas pour nous aider à comprendre...



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Je me suis inspirée pour ce résumé de la pensée de Confucius du livre de Nathalie Chassériau (Sagesse chinoise au quotidien)


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Publié dans histoire psy

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