Les baladins

Je me cogne aujourd'hui contre les machines qui l'une après l'autre, me lâchent...
Ce ne sont que problèmes mineurs, sans importance, me direz-vous . Oui, mais qui perturbent le quotidien, obligent à trouver d'autres solutions et sont source de perte de temps.
Cela m'a rappelé ( sans doute à cause de cette idée de se cogner ?), un jour où je rentrais de l'école, il y a bien longtemps maintenant.
Le cirque s'installait sur la place, les hommes s'affairaient à monter le chapiteau. Quel spectacle fascinant !
Et moi, tout en regardant, je continuais à avancer pour ne pas être en retard. et soudain, un grand choc : un poteau électrique en béton se trouvait sur mon chemin !
Disparue la magie ! J'ai eu bien mal et une grosse bosse, qui était encore là longtemps après le départ du cirque.
Je n'en n'ai pas voulu à ces artistes qui vivent pour émerveiller les enfants, je m'en suis voulu, moi qui voulait faire deux choses à la fois : j'aurais dû choisir.
Et je garde dans un coin de ma mémoire cette chanson des saltimbanques, qui m'a toujours fait rêver, car elle résume à elle seule cet univers des baladins.

Saltimbanques
Dans la plaine les baladins
S'éloignent au long des jardins
Devant l'huis des auberges grises
Par les villages sans églisesEt les enfants s'en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signeIls ont des poids ronds ou carrés
Des tambours, des cerceaux dorés
L'ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passageGuillaume APOLLINAIRE, Alcools (1913)
C'était Yves Montand qui chantait ce poème, quel beau souvenir et quelle invitation pour un autre monde !
Le souvenir de ma bosse au front me l'a remis en mémoire...
Finalement, les machines peuvent tomber en panne!
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