Faire son marché

Publié le par fanfan



Ce matin, de bonne heure, parce que la journée s'annonçait chaude, c'était avant le vent annonciateur d'orage, je suis partie pour le marché.
Chaque marché est un peu semblable à un autre et ils sont aussi tous différents.
On crie moins sur les marchés d'aujourd'hui, il me semble. Les vendeurs qui vous hélaient en vantant leur marchandise et savaient vous gratifier de remarques bienveillantes ont presque disparu.
Ils ont laissé la place aux haut-parleurs qui crachent des musiques de hit-parade pas très récentes.

On a toujours le marchand de fromages de chèvre, du plus frais au plus faisandé et le vendeur de miel avec ses petits pots alignés des différentes variétés. Miel de châtaignier, d'acacia, de mille-fleurs, de romarin, de lavande, tous bien différents. Le miel me fascine toujours : quel mystère et quelle alchimie permet à ces petites abeilles de fabriquer cette douceur ?

Je me souviens d'autres petits pots au marché : c'était à Rouen et on trouvait ( sans doute existent-ils encore ?) des marchands de crème. Ils faisaient couler cette belle crème blanche dans les pots de confiture, c'était magnifique et on choisissait sa crème, différente selon les saisons et ce que mangeaient les vaches...
A Rouen, j'aimais bien aussi les marchands de pommes : que de variétés et de plaisirs en perspective sur cet étal de toutes les couleurs !

Du marché de Lyon, ou plus exactement de ses halles, je garde le souvenir des grosses quenelles et des cardons, qui ne me paraissaient pas très engageants jusqu'à ce qu'on m'en fasse goûter:  ah, les cardons à la moelle !

Les plus belles couleurs, c'est dans le Sud qu'on les trouve : ce n'est pas un scoop, mais quand on se trouve sur ces marchés de Provence pour la première fois, c'est extraordinaire de couleurs, d'odeurs et de bruit.
Je ne parle pas des marchés de La Réunion, le marché de Saint-Paul où j'allais faire mes courses tous les vendredis après-midis, c'était encore autre chose !Bananes et ananas, tomates et thons rouges, mangues et chouchous, tout était couleur et odeur !

Ce matin, mon nez n'a été attiré que par l'odeur peu délicate de l'étal du marchand de morue salée : au moins, ceux qui veulent en acheter n'ont pas à chercher partout !
Il se trouve à côté du marchand de chaussettes : je ne suis pas sûre qu'ils se fassent de la publicité l'un à l'autre...
Trois petits tours pour regarder les tubinos de fils de toutes les couleurs ( peut-on vivre en vendant des tubinos de fil ?), les robes de grand-mère et les bric-à-brac en tous genres, et je suis repartie, en croisant les clients et leurs cageots plein de salades et de courgettes.
Je suis revenue, je n'avais rien acheté, mais j'avais passé un bon moment, moi qui ne vais généralement plus que dans ces grandes surfaces de fruits et légumes qui ont envahi nos villes...


Publicité

Publié dans chroniques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article