Les leçons de Confucius
"Un disciple demande :
_ Qu'est-ce qu'un bon gouvernement ?
Confucius répond :
_ Quand les proches approuvent
et que les distants s'approchent."

L'apprentissage avec Confucius, ce qu'il appelle "l'étude", n'a rien à voir avec un savoir livresque : c'est un constant souci de s'améliorer, de servir son pays et de contribuer à y améliorer les rapports entre les êtres humains. C'est pourquoi Confucius donnera aussi à cet idéal le nom d'"humanité".
Les Entretiens ne se présentent pas sous la forme d'une construction rhétorique; c'est un ensemble, apparemment désordonné, de conseils simples et directs, enracinés dans la réalité humaine.
Les propos de Confucius ne sont pas des principes, plutôt des invites. A partir de bases solides, ils ouvrent l'esprit à tout un éventail de conclusions possibles. A un disciple qui, lors d'un sacrifice en l'honneur des ancêtres défunts, lui demandait : " Les morts que nous honorons sentent-ils l'odeur des offrandes que nous disposons pour eux ?", Confucius répondit : "Ne suffit-il pas que nous soyons réunis en leur nom ?".
Et à ce disciple laissé insatisfait par cette réponse en forme de question qui revenait à la charge en demandant alors : "Le Ciel existe-t-il ?", Confucius répliqua cette fois après avoir cogné le sol de son talon : "La terre est un fait."Et rien de plus. A chacun d'entre nous de compléter cette remarque. Vivant sur terre en compagnie d'autre êtres humains, notre devoir est, avant de nous poser des questions métaphysiques, d'atteindre l'harmonie dans les rapports entre chacun. Cet objectif atteint, chacun est libre de s'élever au niveau de spiritualité qui lui convient.

On trouve notamment dans ses entretiens, cette insistance, si nécessaire à notre époque rongée par le fanatisme et l'intégrisme, à ne jamais s'ériger en juge des autres.
Le discernement concerne les actes, pas les gens. Distinguer entre le bien et le mal n'entraîne aucune condamnation, mais aide le confucéen à s'améliorer. De ceux qui se conduisent bien, on apprend à bien se conduire, de ceux qui se conduisent mal aussi sans à aucun moment vouloir punir ou instruire. Seule compte la perspective personnelle d'une amélioration constante, laissant au pouvoir communicatif de la vertu le soin d'améliorer les choses.
Le projet paraît un peu utopique, certes, mais les utopies ne sont-elles pas ce qui finit par faire avancer le monde ? l'important est moins dans ce qu'on fait que dans ce qu'on en fait. Confucius le dira sans tergiverser : "Commettre une faute et ne pas s'en corriger, c'est là la vraie faute !".

"Un disciple demande :
_Qu'entendez-vous par les quatre défauts dans l'art de gouverner ?
Confucius répond :
_ Punir de mort au lieu d'instruire, c'est de la tyrannie. Attendre
qu'un travail soit fait sans donner de délai,
c'est de l'oppression. Être lent à émettre des ordres et prompt
à exiger leur exécution, c'est de l'arbitraire.
Donner à quelqu'un son dû tout en le faisant
avec parcimonie, c'est de la mesquinerie
de petit employé."
Les articles sur Confucius m'ont été largement inspirés par Nathalie Chasseriau et Cyrille J.-D. Javary
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