Silence

Publié le par fanfan


J'en ai beaucoup parlé, j'ai beaucoup hésité et je me suis décidée à aller voir ce film tourné à La Grande Chartreuse près de Grenoble...
Je n'ai pas regretté mon voyage avec les pères Chartreux. Ils ont choisi une vie qui nous parait incroyable, ce film nous la fait partager pendant un moment.

Au début du film, j'étais mal à l'aise, je me disais : mais comment font-ils ? Et au bout des presque trois heures que dure le film, j'avais eu le temps d'assimiler, de les suivre, de les voir et j'étais prête à repartir pour un autre voyage avec eux.

Ils sont seuls et ils ne sont pas seuls.
On sent chez eux que l'amour englobe leurs congénères: on sent une vraie communauté qui s'entraide dans toutes les phases de la vie.
Ils vivent en silence et les bruits et la parole prennent une autre dimension.
On s'habitue bien à ce silence, juste ponctué par le bruit des activités, des oiseaux, des chants liturgiques, on sent que la parole devient inutile.

Ils vivent à un rythme perpétuel et ils avancent sans crainte.
Toujours les mêmes activités au même moment de la journée, au même moment de l'année, et ils avancent vers la mort avec de plus en plus de joie.
Ils vivent une vie austère et ils ont l'air sereins et tranquilles.
Une réunion hebdomadaire, des sorties régulières et on les voit s'amusant, riant et leurs regards sont toujours calmes.
Ils sont des disciples et ils suivent leur voie sans défaillir.
Ils ont choisi une voie et une vie qui paraît extrême et pourtant, il se dégage une telle sérénité de ces chants liturgiques partagés dans le noir avec de temps en temps un pupitre qui s'éclaire pour pouvoir lire leur texte!
Ils vivent en dehors du monde et ne semblent pas y prêter attention.
Ils sont en dehors du temps, rien ne semble les perturber et cependant, ils ont un ordinateur pour faire leurs comptabilité.

Ils ont une vie rythmée par des activités où l'on sent toujours le sacré.
Ils ont beaucoup d'activités pour la vie du monastère : coudre, réparer, couper du bois, cultiver, faire le ménage, faire à manger, distribuer les repas mais tout semble être un don qu'ils font, tout autant que la prière qui les occupe une grande partie de la journée.
Ils donnent leur vie et ce don désintéressé donne une autre dimension à la vie.
C'est une autre dimension, cette vie dédiée en commun à Dieu, une vie qu'il nous est donné de comprendre ici.

Il faut dire que le film est très bien fait et nous amène à cette compréhension par une alternance de scènes qui ne durent pas longtemps mais qui reviennent régulièrement, pour nous imprégner du rythme propre de leur vie; je parle beaucoup de rythme mais c'est un des points forts du film, de montrer ce rythme immuable : de la journée, des saisons, de la vie.
Même les images sont imprégnées d'une alternance entre le beau, le flou, le très gros plan.

Au final, c'est très difficile de dire ce qu'on ressent à voir ce film, mais pour moi, c'est une compréhension profonde de ce qui fait la vie monastique, qui nous aide à comprendre le sacré et la joie du don de ces vies, quelle que soit la religion.
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Publié dans chroniques

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