Au revoir l'Abbé

Il est parti ce matin pour un autre monde...
Il ne m'a pas particulièrement marquée et je me suis toujours sentie assez éloignée de son combat. Sans doute parce que je ne me souviens pas trop de lui en 1954 ( malgré tout, j'étais bien jeune...) et que ces dernières années, d'autres ont pris sa relève.

Ce dont je me souviens, ce sont de ces hivers de glace comme celui de 1956. Nous n'avions plus d'eau, elle gelait dans les canalisations, il fallait aller chercher l'eau dans la rue, et remplir des brocs pour pouvoir boire et se laver. Tout était gelé et l'eau gelée envahissait les rues. il avait fait très très froid et j'imagine que pour les sans-abri, les clochards comme on disait quand j'étais jeune, cela devait être mortel...
Je me souviens qu'à l'époque, trouver un logement relevait de l'exploit et que ce fut pour nous une révolution quand enfin on nous attribua un logement neuf , après cet hiver infernal. On construisait ou plutôt on reconstruisait sans relâche dans ces années-là et tous les immeubles sans aucun charme ni vrai confort qui se sont montés ont permis à chacun de trouver un toit.

Ensuite, on a un peu oublié l'Abbé Pierre pour le retrouver dans les années Coluche, quand la misère s'est à nouveau montrée et qu'on n'a plus construit de logements sociaux.
Il nous rappelle en partant qu'il ne faut pas laisser tomber et que chacun a droit à un logement. C'est quand-même bizarre de devoir se battre pour avoir le droit au logement dans un des pays les plus riches du monde...
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