Cité interdite

Cet immense palais mérite bien un petit article( ou deux...), pour redire encore une fois comment s'exprimait le génie chinois quand il n'était pas encore trop gagné au capitalisme.
Je parlerai ici des principes qui ont guidé son édification.
Au tournant du XIIIe siècle, les Mongols régnaient sur un empire rassemblant quasiment toutes les terres de la Méditerranée au Pacifique. Pour les Chinois occupés, faire partie du plus grand empire terrestre d'un seul tenant jamais apparu sur la planète leur était indifférent. Une seule chose leur importait : un barbare était assis sur le trône du Fils du Ciel. L'empire du Milieu n'était plus au centre du monde. Jamais dans leur histoire, pourtant déjà longue de plus de trois millénaires, pareille humiliation ne leur avait été infligée.
Ainsi, lorsqu'en 1368 une révolte renvoya les Mongols dans leurs steppes, la nouvelle dynastie des Ming décida de tout mettre en oeuvre pour que jamais pareille monstruosité ne se reproduise.
Le troisième empereur des Ming, Yong Le, transféra le centre du pouvoir de Nankin au Sud à Pékin au Nord pour être plus près de là où les Barbares pourraient à nouveau déferler. Comme au coeur de sa nouvelle capitale, il li fallait un palais impérial, en moins de quinze ans naquit la Cité Pourpre Interdite.

Yong Le décida aussi de relever la Grande muraille et de fortifier l'esprit des Chinois.
Il pensait que si les héritiers de Confucius avaient pu être dominés par des nomades sachant à peine écrire, c'est parce qu'ils avaient oublié les principes qui faisaient la force de leurs ancêtres.
Il entreprit donc un vaste mouvement idéologique de retour aux sources dont son palais devait être la plus magnifique démonstration.
Il ordonna à ses architectes de concevoir la forme, l'agencement et la disposition des bâtiments en se conformant scrupuleusement aux prescriptions architecturales consignées depuis 2000 ans dans le Li Ji, le vieux Livre des Rites.
A suivre...

Publicité