Grand moment de solitude

Publié le par fanfan

Retour sur la solitude :

solitudearbre1.jpg
"Un vieil arabe à l'apparence misérable, mendiant sa vie, s'avançait dans les rues d'une ville. Personne ne lui prêtait la plus légère attention.
Un passant lui dit avec un vrai mépris :
_ Mais que fais-tu ici ? Tu vois bien que personne ne te connaît.
L'homme pauvre regarda calmement le passant et lui répondit :
_ Que m'importe ? Je me connais moi-même et cela me suffit. C'est le contraire qui serait une horreur : que tous me connaissent, et que je m'ignore."

solitudearbre2.JPG

Comme je l'ai déjà dit, mais il est bon d'en explorer toutes les facettes : on ne rencontre jamais que soi-même.

Hélas, on n'y est pas préparés !

"Le défaut le plus répandu de notre type de formation et d'éducation : personne n'apprend, personne n'aspire, personne n'enseigne... à supporter la solitude. "
Nietzsche

solitudearbre3.jpg

Et du coup, lorsque nous rencontrons l'autre, nous cherchons à l'accaparer, à le dominer :
"La toute-puissance aspire au « pouvoir sur », c’est-à-dire à la domination. Nous cherchons, par des stratégies de contrôle, à neutraliser ce qui en autrui nous échappe - ce qui exprime en fait une réelle impuissance : celle de rencontrer l’autre. Le « pouvoir de », c’est au contraire la capacité d’agir, c’est-à-dire d’exprimer qui on est de manière créative. C’est une lutte et un jeu constant avec soi-même, qui nous invite à accepter nos propres limites et celles des autres, à renoncer au désir d’avoir du « pouvoir sur » et à nous ouvrir à ce que la vie a de plus mystérieux. Une aventure qui ne va pas sans peur !

La traversée de la solitude est une étape importante. Dans les premières années d’une vie de couple, on traverse tout d’abord une phase fusionnelle où l’on sent que l’on fait un avec l’autre, d’une matière telle qu’on n’est plus seul avec soi. On découvre en l’autre quelqu’un qui peut nous protéger de la peur de la solitude. Plus tard, on s’aperçoit que l’autre ne peut pas réellement nous épargner l’expérience de la solitude, parce qu’elle est liée à notre nature même d’être humain. À ce moment-là, soit on renonce à la relation, et on cherche illusoirement une autre personne pour tenir ce rôle, soit on accepte la solitude existentielle. On entre alors, avec l’autre, dans une phase de distinction.

Le prix à payer lorsqu'on refuse de faire l'expérience de la solitude est que l’on ne rencontre pas sa propre singularité. La formulation négative de la solitude serait : « Je suis seul à vivre ma vie. » La formulation positive dirait : « Mon expérience de la vie est parfaitement singulière et unique. » Exprimer le caractère unique et singulier de son expérience de la vie, cela s’appelle créer.

Ce désir d’être soi-même, c’est-à-dire créateur, détruit paradoxalement beaucoup de couples, car il implique la traversée de la solitude. La manifestation de ce désir est une étape initiatique pour la relation. Dans certains couples, inconsciemment mais d’un commun accord, chacun réprime son vrai désir pour épargner à l’autre cette épreuve. D’autres couples ne résistent pas à l’émergence du vrai désir, parce que l’un ou l’autre, ou les deux, ne peuvent renoncer à la phase fusionnelle."


 solitudearbre4.jpg
Publicité

Publié dans citation du jour

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article