Aurevoir le poète...

Aimé Césaire...
Sa langue ressemble tellement aux impressions que j'ai ressenties en allant en Martinique...
La luxuriance, la violence, la force de la vie, j'ai retrouvé tout cela.
Nous comprendre, comprendre ce qui nous fait, nous les hommes, voilà à quoi il m'a aidée.
Je voulais donc lui consacrer quelques lignes, et livrer quelques phrases de lui, que voici.

"Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je
dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies,
humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l'oeil des mots
en chevaux fous en enfants frais en caillots en couvre-feu en vestiges de temple en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre.
Et vous fantômes montez bleus de chimie d'une forêt de bêtes traquées de machines tordues d'un jujubier de chairs pourries d'un panier d'huîtres d'yeux d'un lacis de lanières découpées dans le beau sisal d'une peau d'homme j'aurais des mots assez vastes pour vous contenir"

J'espère que ces mots vous entraîneront vers ces rivages lointains durant ce dimanche...
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