Miroir brisé

Publié le par fanfan

Fichier hébergé par Archive-Host.com

Hier soir, l'oiseau avait déserté, sans doute était-il resté auprès de ses copains là-haut, et il avait bien raison, les amis c'est très important.
Je me suis consolée auprès d'un autre voyageur, J.M.G. Le Clézio, dans un documentaire  sur cet homme qui ne se dit pas voyageur : il dit qu'il se déplace.
J'aime depuis longtemps l'écrivain, pour son humanité, son ouverture au monde, et les univers dans lesquels il m'a emmenée autour de la terre.
Il n'est effectivement pas un voyageur qui part pour quelque temps puis revient à son port d'attache pour repartir ensuite. Il dit lui-même qu'il n'a pas de port d'attache, de clocher auprès duquel il se sentirait chez lui parce qu'il y trouverait ses racines : je me sens comme lui, pas de village qui m'appelle.
Lui, il part et il reste, plusieurs années, il vit vraiment là où il va. Il dit que c'est très important d'aller vers les autres, si lointains , parce qu'on est obligé de changer sa vision du monde , de la vie et même sa philosophie, pour pouvoir vivre avec eux.

Fichier hébergé par Archive-Host.com
Il nous a raconté quelques étapes de sa vie, le Mexique, la forêt amazonienne, l'Afrique, la Bretagne et puis Séoul où il s'est arrêté en ce moment.
Bien sûr, j'ai particulièrement écouté ce qu'il disait de Séoul, pour recevoir ses impressions, et essayer de comprendre.
C'est une ville "réussie", disait-il, puisqu'elle possède, à côté de la violence extrême de toute grande ville et de la force des immeubles qui se dressent partout, en rangs serrés, de petites collines, disséminées, où la nature est préservée, ainsi que le calme nécessaire pour se retrouver.
Il nous a raconté également qu'en été, les cigales envahissent la ville et que le bruit qu'elles font couvre le bruit de la circulation. Métaphore de la nature qui arrive à dominer le bruit de la civilisation...
Le calme du temple où il parlait était de nature à me faire aimer cette ville, et c'est sans doute grâce aussi à ce que j'ai ressenti en l'écoutant, cette écoute bienveillante de la ville, que j'ai été charmée...

Fichier hébergé par Archive-Host.com
L'oiseau est réapparu, tout à l'heure, l'air joyeux, il s'est penché au-dessus de mon épaule pour voir ce que j'écrivais.
Il a eu l'air de se moquer de moi : ne ris pas, lui ai-je dit, je vais y aller pour vérifier si comme il le dit, cette ville ressemble à un miroir brisé...

Fichier hébergé par Archive-Host.com
Publicité

Publié dans chroniques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article