A la claire fontaine...

Publié le par fanfan


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Hier, je suis allée voir le joli film de Philippe Claudel : Il y a longtemps que je t'aime.

Le sujet n'est pas gai au départ puisqu'il s'agit d'une femme qui sort de prison après 15 ans d'enfermement et qui est accueillie par sa soeur. Quinze ans, c'est bien long, on se doute qu'elle a dû faire quelque chose de grave...
C'est l'histoire d'une remontée vers la vie, d'un retour au monde après avoir vécu la culpabilité et avoir payé pendant de longues années pour sa faute.

Et ce n'est pas facile, même quand on est accueilli par quelqu'un qui est prêt à vous aider et à chercher à comprendre.
On perçoit au fur et à mesure ce qu'implique ce long séjour en prison et comment, tout en étant un être comme les autres, on peut être perçu comme différent. Enfermé en soi-même, enfermé par la société, enfermé dans le jugement des autres.

Kristin Scott Thomas est formidable : d'absente au début du film, on la sent petit à petit reprendre vie et reprendre consistance,  reprendre la parole enfin.

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On sent aussi au fur et à mesure le regard de son entourage qui évolue et la société qui lui redonne peu à peu sa chance. Et son regard à elle qui redevient vivant.

Qu'importe si la fin est très consensuelle, l'important est ailleurs, dans cette lente remontée vers la présence. A la fin, elle dit : "Je suis là." et on sent ce que ça veut dire.
Elle est dans une famille d'intellectuels, qui n'ont pas de problèmes d'argent, et ils sont tous très unis, le couple avec ses deux petites vietnamiennes adoptées et le grand-père qui ne parle pas. On sent d'autant plus la difficulté de s'en sortir, même quand tous les problèmes matériels sont réglés.

On mesure combien l'entourage est primordial et on se dit qu'elle n'aurait jamais pu refaire surface sans cette famille qui l'accueille avec beaucoup d'humanité, qui sait faire taire ses préjugés quand la confiance se rétablit, ni sans ces hommes qui lui parlent et l'aident chacun à leur manière à reprendre vie.
Cette histoire pleine d'émotion et d'humanité n'est pas triste, puisqu'elle est pleine d'espoir, ce sont des moments de vie, banals souvent, qui ponctuent le voyage de Juliette vers le monde.

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On la suit sur son chemin, jusqu'au bout, et même pendant le générique de fin, avec Jean-Louis Aubert qui chante : Dis quand reviendras-tu ?, on reste en suspens, en attente.

Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, c'est le premier film de Philippe Claudel dont j'aimais déjà beaucoup les livres, et on sent que par ci, par là, il aurait pu faire mieux, mais c'est un beau moment que l'on passe, avec de très bons acteurs et une histoire qui fait réfléchir. Elle parle des enfermements de notre vie, comment on peut s'en sortir, avec un regard attentif et grâce à l'écoute, à l'attention, à ceux qui nous entourent et sont là, même si on ne les perçoit pas...

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Je vous laisse avec : Dis quand reviendras-tu ? C'est déjà un bon moment.










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Publié dans chroniques

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