Poètes de la nuit
Les astrophysiciens sont de sacrés poètes et ont une énorme dose d'imagination !
Cette semaine, dans Télérama, Jean-Pierre Luminet est interviewé à propos de la nuit. Je trouve que ces gens-là nous font rêver encore mieux qu'un auteur de science fiction. Que de merveilles dans la nuit !
Il dit s'être toujours interrogé sur le noir qui existe entre les étoiles. L'astronome est déjà quelqu'un qui commence à vivre quand la nuit est là et qu'il peut observer les étoiles.
Mais pourquoi le ciel est-il noir ? Il y a tellement d'étoiles que le ciel devrait être éclairé par une d'entre elles en chaque point que l'on peut observer. Oui, mais voilà, la lumière met du temps à nous parvenir et le ciel est noir parce que la lumière des étoiles les plus lointaines ne nous est pas encore parvenue. De plus, l'Univers est en expansion : il y a donc de plus en plus d'espace entre les étoiles !
Mais aussi, nous voyons du noir parce que nous n'avons qu'une vision limitée : si le rayonnement des micro-ondes nous était perceptible, nous verrions une lumière diffuse, qui a été émise il y a douze milliards d'années. C'est le rayonnement fossile, vestige du Big Bang : le satellite WMAP a pu l'observer.
Ensuite, Jean-Pierre Luminet explique que selon lui, l'univers pourrait ressembler à une étoffe chiffonnée, pleine de plis, ou à une pièce dans laquelle on a posé quelques bougies et tout autour des miroirs. Dans ce cas, on voit quantités de bougies mais pour la plupart, ce ne sont que des reflets. Le ciel est peut-être une grande illusion d'optique avec des reflets innombrables des objets qui le composent en petit nombre.
Et que dire de l'énergie noire : on sait qu'elle existe, mais on ne connait ni sa nature, ni son origine.
Et les trous noirs, ces pièges à matière, à lumière, à énergie, quel incroyable sujet !
Ils existent bien, dit-il et la théorie de la relativité permet de penser qu'ils ne sont pas bouchés, mais ouverts sur d'autres régions de notre Univers, voire carrément sur d'autres univers. Ces distorsions sont appelées trous de vers et s'ils existaient vraiment, ils offriraient la possibilité de raccourcis pour voyager dans l'espace et dans le temps, et donc pour explorer des étoiles lointaines !
Je vous livre sa conclusion, sur le fait que nous vivons dans un monde sans cesse éclairé, où l'on n'est plus en contact avec la nuit noire :
"Celui qui n'a jamais contemplé le ciel tel qu'il est réellement a-t-il conscience d'une dimension fondamentale de l'expérience humaine qui lui échappe ? A l'origine, c'est le regard que l'homme des cavernes a porté sur la nuit qui a probablement suscité les premières grandes questions métaphysiques. Comment l'Univers est-il organisé ? Quelle est ma place en son sein ? Existe-t-il un Dieu qui a créé cela ? De ces questions procède toute la démarche de la science pour élaborer des réponses et d'autres démarches plus philosophiques, métaphysiques, poétiques, pour tenter de percer le mystère de la nuit et comprendre le rapport entre l'homme et l'Univers. Si, par l'éclairage artificiel, on efface peu à peu le panorama de la nuit, c'est une perte de sens gigantesque qui se produira."
Voilà une conclusion que ne peut renier l'astrologie ! Et je me pose à mon tour une question : comment peut-on être astrophysicien sans être aussi poète et philosophe ?
En tous cas, Jean-Pierre Luminet nous fait faire un bien beau voyage !
Cette semaine, dans Télérama, Jean-Pierre Luminet est interviewé à propos de la nuit. Je trouve que ces gens-là nous font rêver encore mieux qu'un auteur de science fiction. Que de merveilles dans la nuit !
Il dit s'être toujours interrogé sur le noir qui existe entre les étoiles. L'astronome est déjà quelqu'un qui commence à vivre quand la nuit est là et qu'il peut observer les étoiles.
Mais pourquoi le ciel est-il noir ? Il y a tellement d'étoiles que le ciel devrait être éclairé par une d'entre elles en chaque point que l'on peut observer. Oui, mais voilà, la lumière met du temps à nous parvenir et le ciel est noir parce que la lumière des étoiles les plus lointaines ne nous est pas encore parvenue. De plus, l'Univers est en expansion : il y a donc de plus en plus d'espace entre les étoiles !
Mais aussi, nous voyons du noir parce que nous n'avons qu'une vision limitée : si le rayonnement des micro-ondes nous était perceptible, nous verrions une lumière diffuse, qui a été émise il y a douze milliards d'années. C'est le rayonnement fossile, vestige du Big Bang : le satellite WMAP a pu l'observer.
Ensuite, Jean-Pierre Luminet explique que selon lui, l'univers pourrait ressembler à une étoffe chiffonnée, pleine de plis, ou à une pièce dans laquelle on a posé quelques bougies et tout autour des miroirs. Dans ce cas, on voit quantités de bougies mais pour la plupart, ce ne sont que des reflets. Le ciel est peut-être une grande illusion d'optique avec des reflets innombrables des objets qui le composent en petit nombre.
Et que dire de l'énergie noire : on sait qu'elle existe, mais on ne connait ni sa nature, ni son origine.
Et les trous noirs, ces pièges à matière, à lumière, à énergie, quel incroyable sujet !
Ils existent bien, dit-il et la théorie de la relativité permet de penser qu'ils ne sont pas bouchés, mais ouverts sur d'autres régions de notre Univers, voire carrément sur d'autres univers. Ces distorsions sont appelées trous de vers et s'ils existaient vraiment, ils offriraient la possibilité de raccourcis pour voyager dans l'espace et dans le temps, et donc pour explorer des étoiles lointaines !
Je vous livre sa conclusion, sur le fait que nous vivons dans un monde sans cesse éclairé, où l'on n'est plus en contact avec la nuit noire :
"Celui qui n'a jamais contemplé le ciel tel qu'il est réellement a-t-il conscience d'une dimension fondamentale de l'expérience humaine qui lui échappe ? A l'origine, c'est le regard que l'homme des cavernes a porté sur la nuit qui a probablement suscité les premières grandes questions métaphysiques. Comment l'Univers est-il organisé ? Quelle est ma place en son sein ? Existe-t-il un Dieu qui a créé cela ? De ces questions procède toute la démarche de la science pour élaborer des réponses et d'autres démarches plus philosophiques, métaphysiques, poétiques, pour tenter de percer le mystère de la nuit et comprendre le rapport entre l'homme et l'Univers. Si, par l'éclairage artificiel, on efface peu à peu le panorama de la nuit, c'est une perte de sens gigantesque qui se produira."
Voilà une conclusion que ne peut renier l'astrologie ! Et je me pose à mon tour une question : comment peut-on être astrophysicien sans être aussi poète et philosophe ?
En tous cas, Jean-Pierre Luminet nous fait faire un bien beau voyage !
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