La fuite
Hier soir, un téléfilm retraçait le combat de Marie Humbert pour son fils Vincent, devenu tétraplégique à la suite d'un accident et qui demandait qu'on l'aide à mourir parce que sa vie n'avait aucun sens.
Et écouter la chanson de Michel Berger : Le paradis blanc avec ce jeune homme qui n'avait plus rien à espérer était un moment très fort de l'histoire.
J'avoue avoir vu cette chanson sous un nouvel angle, moi qui la prenais jusqu'ici pour un hymne au retour vers la mer, vers les origines, pour échapper à la pollution en tous genres de notre société. Ici, c'était à une autre fuite qu'elle invitait...
Et les paroles prenaient vraiment le sens du désir de se refugier dans la pureté quand le monde nous dépasse et qu'on se sent impuissant.
Je vous livre ces paroles pour les relire, hors du chant des baleines qui ponctuaient la chanson :
Il y a tant de vagues et de fumée
Qu'on arrive plus à distinguer
Le blanc du noir
Et l'énergie du désespoir
Le téléphone pourra sonner
Il n'y aura plus d'abonné
Et plus d'idée
Que le silence pour respirer
Recommencer là où le monde a commencé
Je m'en irai dormir dans le paradis blanc
Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps
Tout seul avec le vent
Comme dans mes rêves d'enfant
Je m'en irai courir dans le paradis blanc
Loin des regards de haine
Et des combats de sang
Retrouver les baleines
Parler aux poissons d'argent
Comme, comme, comme avant
Y a tant de vagues, et tant d'idées
Qu'on arrive plus à décider
Le faux du vrai
Et qui aimer ou condamner
Le jour où j'aurai tout donné
Que mes claviers seront usés
D'avoir osé
Toujours vouloir tout essayer
Et recommencer là où le monde a commencé
Je m'en irai dormir dans le paradis blanc
Où les manchots s'amusent dès le soleil levant
Et jouent en nous montrant
Ce que c'est d'être vivant
Je m'en irai dormir dans le paradis blanc
Où l'air reste si pur
Qu'on se baigne dedans
A jouer avec le vent
Comme dans mes rêves d'enfant
Comme, comme, comme avant
Parler aux poissons
Et jouer avec le vent
Comme dans mes rêves d'enfant
Comme avant
Malheureusement, le paradis blanc disparaît aussi, il ne reste que les rêves d'enfant, c'est déjà pas mal, du moins tant qu'il y reste des baleines et des poissons...
Avec ce récit d'une vie cassée, on arrive à comprendre que le désir de fuir peut devenir légitime, et même qu'il peut aider l'humanité dans sa quête de compréhension : la vie et la mort de ce jeune homme ont alors pris un sens.
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