Vendredi 14 novembre 2008
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Accepter ce qui est, c'est une des conclusions de ma soirée d'hier, s'accepter
tel qu'on est, accepter que le monde n'est pas comme on le rêve.
Une histoire, pour l'illustrer, encore une fois car j'en ai déjà parlé mais c'est tellement difficile à mettre en oeuvre !

Il était une fois dans une lointaine contrée, un père éploré qui tenait dans ses bras sa fille dernière-née. Cet enfant n'avait pas pu satisfaire sa faim depuis des jours et son père craignait pour
sa vie.
Depuis des mois, il n'avait pas plu et les sorciers ne prévoyaient aucun nuage pour encore de longs mois. Alors, ce père nommé : "Homme droit" dans la langue de son pays, rassembla tous les hommes
valides. Il leur rappela qu'il y avait au centre du village un arbre immense qui produisait toute l'année des fruits en abondance. Ces fruits, personne ne les cueillait, car on savait depuis l'aube
des temps que l'une des branches centrales de l'arbre donnait de bons fruits alors que l'autre branche produisait des fruits vénéneux apportant la mort. Au cours des siècles, on avait oublié quel
était le bon côté.
"Homme droit" dit aux hommes du village :
"Voici, ma fille va mourir et je ne peux pas m'y résoudre. Alors je vais monter dans l'arbre , je mangerai du fruit. Si je suis du bon côté, je vivrai et ferai vivre tout le village qui apaisera sa
faim avec ces fruits dont l'arbre se couvre chaque nuit. Si je suis du mauvais côté, je mourrai, et vous saurez alors que c'est de l'autre côté de l'arbre qu'il faut cueillir les fruits. Si je
meurs, promettez-moi que vous sauverez ma fille, que vous la nourrirez."
Ainsi , cela fut fait. "Homme droit" monta sur l'arbre, prit un fruit, le mangea, et.... vécut ! Dès ce moment-là, le village prospéra. Quelques mois plus tard, la pluie revint et les champs
verdirent. Tout semblait aller pour le mieux.
Mais une nuit de pleine lune, les jeunes hommes du village se réunirent. Ils parlèrent du grand arbre et déplorèrent que celui-ci porte deux sortes de fruits. Ils ne pouvaient accepter que le
danger de l'erreur entre les deux sortes de fruits persiste. Alors, ils décidèrent d'aller scier la branche qui donnait de mauvais fruits. Ainsi, cela fut fait. Fiers de leur action, ils allèrent
se coucher.
Au matin, quel ne fut pas l'effroi des villageois; l'arbre tout entier était mort, les bons fruits jonchaient le sol avec les mauvais. L'extraordinaire ressource du village n'était plus !
Ce fut une terrible perte. Les anciens du village, tout attristés disaient :
"Les jeunes hommes n'ont pas compris qu'il n'y a pas de bien sans mal, de paix sans guerre, de vérité sans mensonge et de bonheur sans souffrance. C'est ainsi que la vie est faite et la sagesse la
plus profonde consiste à accepter ce qui est."

Par fanfan
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Mercredi 12 novembre 2008
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17:09
Puisque le temps me fait défaut
pour faire entendre ma voix
en attendant son retour
je vous laisse avec la voix humaine
et l'oiseau qui répète
lorsque la voix s'est tue...

"Une voix, une voix qui vient de si loin
Qu'elle ne fait plus tinter les oreilles,
Une voix, comme un tambour, voilée
Parvient pourtant, distinctement, jusqu'à nous.
Bien qu'elle semble sortir d'un tombeau
Elle ne parle que d'été et de printemps.
Elle emplit le corps de joie,
Elle allume aux lèvres le sourire.
Je l'écoute. Ce n'est qu'une voix humaine."
Extrait de "Une voix" de Robert Desnos
Par fanfan
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Lundi 10 novembre 2008
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17:01
Pourrait-on dire que ce symbole graphique figure l’infini de la
quête ?
Oui, c’est le symbole du voyage, de tous les voyages et évidemment de celui de
l’homme vers la vérité, traqué par le mensonge.

Pourrait-on dire que le labyrinthe est censé conduire à l’intérieur de soi-même, vers une sorte de sanctuaire intérieur et caché dans lequel siège le plus mystérieux de la personne
humaine ?
Oui, bien sûr. C’est en quoi la psychanalyse peut être analysée comme un guide de
voyage : l’inconscient est structuré comme un labyrinthe.
La sagesse ne serait-elle pas là la clé, le concept, la pratique, à développer
d’urgence dans nos systèmes éducatifs comme à l’intérieur de nous-mêmes ?
Exactement. Cela exige retour sur soi, conscience de sa propre faillibilité et de
sa créativité.
Tu veux savoir quelle est, pour une vie, la plus vaste étendue ? Vivre
jusqu'à la sagesse. Celui qui l'a atteinte touche non pas le terme le plus reculé mais le terme suprême.
Sénèque
Par fanfan
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Dimanche 9 novembre 2008
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09:33
Une histoire pour nous tenir compagnie ce dimanche, une anecdote de la vie de
Gengis Khan racontée par Paulo Coelho :
Un matin, le guerrier mongol Gengis Khan et sa cour partirent à la chasse. Tandis
que ses compagnons emportaient arcs et flèches, Gengis Khan portait sur le bras son faucon favori, qui était meilleur et plus précis que n'importe quelle flèche, parce qu'il pouvait s'élever dans
les cieux et voir ce que l'être humain ne voit pas.
Cependant, malgré tout leur enthousiasme, ils ne trouvèrent rien. Déçu, Gengis Khan regagna son campement, mais pour ne pas se décharger de sa frustration sur ses compagnons, il se sépara du
cortège et décida de cheminer seul.
Ils étaient restés dans la forêt plus longtemps que prévu, et Khan mourait de fatigue et de soif. A cause de la chaleur de l'été, les ruisseaux étaient à sec, il ne trouvait rien à boire, et puis,
miracle ! , il vit devant lui un filet d'eau qui descendait d'un rocher.
Immédiatement, il détacha le faucon de son bras, prit la petite coupe en argent qu'il portait toujours avec lui, mit un long moment à la remplir, et, alors qu'il était sur le point de la porter à
ses lèvres, le faucon prit son vol et lui arracha la coupe des mains, la jetant au loin.

Gengis Khan était furieux, mais c'était son animal favori, peut-être avait-il soif lui aussi. Il saisit la coupe, nettoya la poussière et la remplit de nouveau. Le verre à demi-plein, le faucon
l'attaqua à nouveau, renversant le liquide.
Gengis Khan adorait son animal, mais il savait qu'il ne pouvait tolérer en aucune circonstance qu'on lui manquât de respect; quelqu'un pouvait assister de loin à la scène, et plus tard raconter à
ses guerriers que le grand conquérant était incapable de dompter ne serait-ce qu'un oiseau.
Cette fois, il tira son épée de sa ceinture, s'empara de la coupe, recommença à la remplir, gardant un oeil sur la coupe et l'autre sur le faucon. Dès qu'il vit qu'il y avait assez d'eau, il se
prépara à boire, alors le faucon prit de nouveau son vol et se dirigea vers lui. Khan, d'un coup précis, lui transperça le coeur.
Mais le filet d'eau avait séché. Décidé à boire d'une manière ou d'une autre, il grimpa sur le rocher pour trouver la source. A sa surprise, il y avait vraiment une nappe d'eau et, au milieu, mort,
l'un des serpents les plus venimeux de la région. S'il avait bu l'eau, il aurait quitté le monde des vivants.
Khan revint au campement avec le faucon mort dans les bras. Il fit fabriquer une reproduction en or de l'oiseau, et il grava sur une aile :
" Même quand un ami fait quelque chose qui ne plait pas, il reste un ami. "
Sur l'autre aile, il fit écrire :
"Toute action motivée par la fureur est une action vouée à l'échec."
Par fanfan
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Samedi 8 novembre 2008
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10:35
Retour sur la conférence de Denis Marquet pour parler du comportement que nous
avons dans la famille.
Très intéressantes remarques et qui me semblent justes, d'abord parce que j'ai bien senti ce qu'il en dit dans d'autres familles, ce qui veut dire que cela s'applique aussi très certainement à la
mienne ! Il suffit de se mettre en retrait et d'observer ce qui se passe pendant un repas par exemple, c'est très édifiant.

Voici ce qu'il dit :
"La famille, c'est un lieu qui doit être un lieu d'intimité, c'est à dire un lieu de contact d'être unique à être unique, mais c'est malheureusement comme son nom l'indique, très souvent un lieu de
familiarité. Où chacun se constitue en fonction de certaines habitudes de comportement, de répétitions de comportements, avec une diminution totale de la vigilance des uns par rapport aux autres.
"Tu dois être comme tu as toujours été parce que ça me rassure et ça m'évite d'avoir à travailler." "Je me conforme à ce que j'ai toujours été comme ça, je ne te mets pas dans une situation où tu
vas devoir augmenter ton niveau d'énergie et de vigilance." Voilà la familiarité.
Avec les enfants, c'est un peu ça, et ils finissent par attiédir leur propre vigilance parce qu'ils se conforment à certains rôles et certaines répétitions. C'est notre devoir de créer de la vie et
de créer une certaine intimité.
Intimité, ça veut dire qu'à chaque instant, tout peut arriver. J'ai envie de me reposer, et mon enfant a un problème, il peut venir m'en parler et moi, immédiatement, je suis disponible.
Cet état de vigilance et de vie est déterminant, c'est là qu'on va cesser de projeter et arrêter de répéter l'ancien."

Moins reposant que de se conformer à son rôle, mais tellement plus riche !
Par fanfan
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