Vendredi 3 octobre 2008
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Il n'avait peur de personne
Il n'avait peur de rien
Mais un matin un
beau matin
Il croit voir quelque chose
Mais il dit Ce n'est rien
Et il avait raison
Avec sa raison sans nul doute
Ce n'était rien
Mais le matin ce même matin
Il croit entendre
quelqu'un
Et il ouvrit la porte
Et il
la referma en disant Personne
Et il avait raison
Avec sa raison sans nul doute
Il n'y avait personne
Mais soudain il eut peur
Et il comprit qu'il était
seul
Mais qu'il n'était pas tout seul
Et c'est alors qu'il vit
Rien en personne devant lui.
.
Jacques Prévert, Histoires.

Par fanfan
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Jeudi 2 octobre 2008
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09:33
n'est pour longtemps posée...
Aucune aile ici-bas n'est pour longtemps posée.
Quand elle était petite, elle avait un oiseau ;
Elle le nourrissait de pain et de rosée
Et veillait sur son nid comme sur un berceau.
Un soir il s'échappa. Que de plaintes amères !
Dans mes bras en pleurant je la vis accourir,...
Jeunes filles, laissez, laissez, ô jeunes mères,
Les oiseaux s'envoler et les enfants mourir !

C'est une loi d'en haut qui veut que tout nous quitte ;
Le secret du Seigneur, nous le saurons un jour.
Elle grandit. La vie, hélas ! marche si vite !
Elle eut un doux enfant, un bel ange, un amour.
Une nuit, triste sort des choses éphémères !
Cet enfant s'éteignit, sans pleurer, sans souffrir...
Jeunes filles, laissez, laissez, ô jeunes mères,
Les oiseaux s'envoler et les enfants mourir !
Victor Hugo
Par fanfan
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Mercredi 1 octobre 2008
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13:28
"La mémoire est aussi menteuse que l'imagination, et bien plus dangereuse avec ses
petits airs studieux."
Françoise Sagan
Oui, souvent la mémoire nous joue des tours !
on oublie des événements importants et une odeur vient tout à coup faire ressurgir un moment tout simple.
Etonnant, toutes ces informations que nous avons rangé dans des petites cases de notre cerveau, qui sont là à nous attendre, mais qu'on ne peut pas toujours faire réapparaître quand on en a
envie.
Raconter sa vie est une action bien subjective !
Je pense par exemple à ce tableau de vie que nous avons dressé en astrologie, tableau qui recense tous les événements importants de notre existence, pour repérer les jalons, les étapes et les
passages.
Combien il est facile de s'emmêler !
On croit tenir la chronologie, et puis on s'aperçoit qu'on la fait comme ça nous arrange.
On fait des rapprochements qui nous conviennent, et si quelqu'un nous suggère autre chose, on est soudain éclairé par une lumière que nous n'avions pas encore perçue.
Que de conditionnements, que de souvenirs arrangés et que de choses "oubliées" !
Tous ces traumatismes qui sont trop lourds à porter, tous ces événements que nous arrangeons pour être plus "confortables" !
"C’est peut-être le propre de chacun que de nous raconter en permanence notre propre passé pour nous tolérer nous-mêmes ; être à l’affût de soi-même, c’est aussi se libérer, assumer son passé
comme il est, avec ses faiblesses, ses mesquineries et ses erreurs."
Jacques Attali
Et quand on n'arrive pas à assumer son passé ? Quand la mémoire nous fait trop peur ?
Est-ce alors qu'elle se détruit ? Pour pouvoir oublier sa vie ?
Est-ce ainsi que survient la maladie d'Alzheimer ? Lorsque la mémoire devient trop lourde à porter ?
Par fanfan
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Lundi 29 septembre 2008
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17:34

J'avais parlé du livre, et j'attendais impatiemment le film et je l'ai vu, ce film de Laurent Cantet Palme d'Or à Cannes : Entre les murs.
Il me suggère un mot : moderne.
Moderne, parce que complètement dans notre époque, ce collège difficile où toutes les nationalités se cotoient.
Moderne, parce qu'on est bien loin du Cercle des poètes disparus où un professeur génial initiait ses élèves à devenir eux-mêmes.
Moderne, parce que tout est ancré dans notre époque : les élèves, vivants, difficiles avec chacun leur culture, les profs, avec leur petit monde à eux, faisant de leur mieux pour comprendre ces
drôles de jeunes et l'ambiance, pas vraiment simple entre ces jeunes et leur école.
Moderne, aussi, le ton, qui est juste comme il faut, on n'est pas dans une école rêvée, on n'est pas en enfer, on est juste dans un collège normal.

Ce que j'aime ici, c'est ce décalage total entre l'école comme je l'ai vécue, où le prof était lointain, intouchable, respecté et cette sorte d'arène qui est décrite , où on est à chaque instant
sur le fil du rasoir, où il est impossible de dire si tout va déraper, où on sent que tout est éphémère, et surtout les moments de grâce.
Il est loin d'être un modèle, notre prof, mais il fait de son mieux, parfois avec des armes qui ressemblent à celles des jeunes, parfois en tentant de leur faire respecter quelques règles qu'ils
n'ont pas apprises. Je mesure mieux maintenant la difficulté de la tâche.
On sent souvent ses doutes et ses interrogations, c'est aussi le côté intéressant du film, parce que les questions des profs, nous nous les posons aussi.
Pourquoi tous ces efforts pour parfois aboutir à ce gâchis, semble-t-il dire ? Chaque prof a ses propres réponses, aucun n'a trouvé la recette magique, et les élèves semblent subir l'école, en ne
sachant pas vraiment ce qu'ils font là.
Mieux que le livre, le film rend cette atmosphère très particulière, l'ambiance d'une salle de classe, dans laquelle le prof doit essayer de transmettre un savoir qui passe ici par le langage.
Expérience passionnante, on y sent la difficulté de faire comprendre à tous ces enfants d'horizons différents toutes les subtilités de la langue française, moments savoureux, moments d'émotion,
moments de surprise, tout y est.
Quel savoir et quelle éducation transmettre, quel est le but de l'école ?
Même si nous sommes dans une fiction qui n'engage que la vision de ce professeur, la question est bien posée, les débats devraient suivre !

Mais plus que tout, et ce qui le rend si attachant, c'est la vie foisonnante qui s'en dégage.
Par fanfan
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Lundi 29 septembre 2008
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/2008
13:35
La fenêtre ouverte de Bonnard est aux couleurs d'aujourd'hui : couleurs chaudes
d'un beau soleil d'automne qui s'infiltre à travers les feuilles et pénètre tranquillement au coeur des maisons...
Couleurs d'espoir comme le poème de paul Eluard, sourire de la vie contre la
morosité...
La nuit n'est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l'affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.
Paul Éluard.
Par fanfan
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